L’expérience des 3 000 € confiés à ChatGPT touche à sa fin, et elle prend une tournure assez intéressante. Pour rappel, il y a un an jour pour jour, j’avais demandé à l’IA de me constituer un portefeuille d’actions avec le meilleur potentiel de croissance sur douze mois. C’était bien sûr une simple expérience boursière car une performance sur un délai aussi court relève autant du hasard que de la clairvoyance.
Sans plus attendre, voici les résultats de l’expérience :
Les lignes achetées à l’époque :
ASML : 1,37 part à 638 €
NVIDIA : 3,84 parts à 174 $ (environ 148 €)
Novo Nordisk : 9,25 parts à 49 $
Roche : 1,62 part à 261 CHF (environ 278 €)
Rheinmetall : 0,18 part à 1 746 €
Société Générale : 5,76 parts à 53 €
Le bilan après un an : des montagnes russes
Et douze mois plus tard, les cours ont évolué ainsi :
ASML : 1 472 € (+131 %)
NVIDIA : 221 $ (+27 %)
Novo Nordisk : 45 $ (-8 %)
Roche : 356 € (+36,4 %)
Rheinmetall : 1 089 € (-37,6 %)
Société Générale : 73 € (+37,7 %)
Le gain total s’élève à +1 425 €, soit un excellent rendement brut de +49,18 %.
Oui mais...
Un coup d’œil suffit pour comprendre d’où vient la magie : c’est la fusée ASML qui a propulsé l’ensemble de l’expérience. Ce portefeuille illustre parfaitement le piège du biais de survie et de la concentration : avec seulement six lignes, un seul pari gagnant fait toute la différence.
L’autre enseignement majeur nous vient des foirades de l’année. Prenez Rheinmetall : le titre encaisse une correction de 37,6 %. Comme je le soulignais déjà dans l’article d’origine, le titre avait été acheté à une valorisation extrêmement tendue. Cela rappelle une règle d’or implacable : même la meilleure entreprise du monde, achetée trop cher, peut devenir un piège à court terme. La croissance ne suffit pas toujours à rattraper l’excès d’enthousiasme du marché.
Et à l’inverse, la contre-performance de Novo Nordisk montre que les chouchous de la santé peuvent rapidement dévisser face aux attentes démesurées des investisseurs.
Donc ChatGPT bat le marché ?
Face à l’indéboulonable favori des investisseurs passifs, le MSCI World (via l’ETF iShares Core MSCI World par exemple), le match est sans appel. Bien que l’indice mondial a affiché une très solide performance de +20,68 % sur la même période, le portefeuille de l’IA a plus que doublé le rendement du marché.
Cependant, il convient de tempérer cet enthousiasme par la froide réalité des frais prélevés par les courtiers. Avec un capital initial de 3 000 € réparti sur six lignes, les frais de courtage et les commissions de change (EUR/USD et EUR/CHF) ont grignoté une (petite) part de la performance réelle. Dans un portefeuille théorique généré par un chatbot, ces détails n’existent pas, mais dans la vraie vie, ils rappellent que chaque intermédiaire prélève sa dîme.
Conclusion
Doit-on crier au génie de l’IA et lui confier toutes nos économies ? Évidemment que non. Cette surperformance doit être simplement considérée comme un accident statistique heureux, guidé par la folie des semi-conducteurs et la bonne tenue des valeurs bancaires et défensives européennes sur cette période.
Les informations contenues dans cette analyse sont fournies à titre exclusivement pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. L’auteur ne pourra être tenu responsable en cas de pertes financières. Tout investissement comporte des risques de perte en capital. Pour plus d’infos, consultez nos mentions légales.
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Merci pour ce retour d'expérience, intéressant.