C’est la question qui revient souvent chez les investisseurs passifs depuis que Vanguard a sorti son Vanguard FTSE Global All-Cap (VGLA ou VALL) sur le marché UCITS. L'offre paraît d'ailleurs imbattable au premier abord, avec ses 0,07 % de frais de gestion, sa réplication physique et presque 10 000 boîtes en portefeuille partout dans le monde. VGLA s'impose donc facilement comme le nouveau tracker ultime pour le DCA ?
Autant vous le dire tout de suite : oui et non. Dès qu'on se penche sur la composition réelle de l'ETF, son écart de suivi (Tracking Difference) et les contraintes fiscales du plat pays, ce choix n'apparaît plus comme si évident, surtout pour les belges.
Les Small Caps dans l'ETF : juste du marketing ?
La grande nuance entre VGLA et ses concurrents comme le WEBN d'Amundi ou le SPDR ACWI réside dans le choix de l'indice. En optant pour le FTSE Global All-Cap plutôt que pour un panier limité aux grandes et moyennes valeurs, soit 85 % du marché habituel, Vanguard intègre les petites capitalisations pour intégrer 98 % du marché investissable.
On peut donc y voir une façon simple de répliquer l'ensemble du marché, mais l'impact concret dans un portefeuille reste très discutable. Ces Small Caps ne représentent en effet qu'environ 9 à 10 % des actifs du fonds. Une petite entreprise qui exploserait en étant multipliée par 10 n'aurait donc qu'une influence minime sur la valeur globale du tracker, sachant qu'elle pèse une fraction de pourcent au départ. Par ailleurs, l'indice réplique l'ensemble des petites sociétés sans appliquer le moindre filtre de qualité, embarquant aussi bien des sociétés prometteuses que des entreprises surendettées ou incapables d'engranger des bénéfices.
L'historique parle d'ailleurs de lui-même ; le FTSE All-World (l'indice sans les small caps) et le FTSE Global All-Cap (celui avec les small caps) sont corrélés à 98 %. Ajouter ces milliers de petites lignes apporte donc de la diversité théorique mais pas un surcroît de performance.
Le TER c'est bien ; la Tracking Difference, c'est mieux
S'arrêter au TER affiché est aussi une erreur courante de certains investisseurs. VGLA et WEBN annoncent 0,07 % là où l'ETF de SPDR demande 0,12 %, mais ce chiffre ne reflète pas ce qui sort réellement de votre poche. Ce qui compte, c'est la Tracking Difference, c'est-à-dire le retard ou l'avance réelle du fonds sur son indice sous-jacent.
L’ETF SPDR MSCI All Country World l'illustre parfaitement : malgré ses 0,12 % de frais théoriques, il affiche régulièrement une Tracking Difference positive, de l'ordre de +0,06 % par an en moyenne. Ce résultat s'explique par l'optimisation des retenues à la source sur les dividendes et les revenus du prêt de titres appliqués à un univers très liquide de 2246 actions, ce qui finit par effacer intégralement ses frais de gestion.
Le tracker Prime All Country World, d’Amundi, semble également surpasser son indice de référence, mais l’ETF étant beaucoup plus récent, il n’existe pas encore suffisamment d’historique pour en être certain sur le long terme.
Par contre, pour Vanguard et le nouvel FTSE Global All-Cap, gérer un portefeuille de 10 000 positions avec une multitude de micro-valeurs peu liquides sur des marchés émergents implique au contraire davantage de frais de transaction internes et des spreads d'exécution plus élevés. L'écart de suivi réel de VGLA risque donc de grignoter très vite son léger avantage.
Petite astuce : si vous ne trouvez pas l’ETF sous le ticker VGLA chez votre courtier, essayez avec VALL.
Les belges : attention à la TOB !
Pour un investisseur résidant en France via un compte-titres ordinaire (CTO), VGLA à 0,07 % s'impose comme une alternative très crédible à placer directement sur le podium, que je listerai en fin d'article.
La situation se gâte considérablement pour un investisseur en Belgique en raison de la Taxe sur les Opérations Boursières (TOB). Le compartiment de VGLA (version VALL capitalisante) étant enregistré auprès de la FSMA, il est donc automatiquement soumis au taux de 1,32 % à l'achat comme à la revente. De leur côté, WEBN et SPDR ACWI ne sont pas enregistrés en Belgique, conservant ainsi leur taux réduit de 0,12 %.
L'écart de 1,20 % sur la TOB génère une friction fiscale de 2,40 % sur un aller-retour complet, soit l'équivalent de plusieurs décennies d'économies théoriques de TER à rattraper. Côté belge, ce problème élimine donc l'ETF VGLA du podium, mais il reste en lice côté français.
Et donc, le top 3 des ETF Monde ?
Si l'on pèse le coût réel global, la liquidité et la fiscalité, le SPDR MSCI All Country World (IE00B44Z5B48) conserve la première place grâce à son encours colossal de plus de 11 milliards d'euros, sa Tracking Difference historiquement excellente et sa faible TOB de 0,12 %.
Juste derrière, l'Amundi Prime All Country World (IE0003XJA0J9) reste l'option idéale pour viser le marché mondial des grosses et moyennes sociétés au tarif le plus bas, tout en gardant une fiscalité optimisée.
Quant au Vanguard FTSE Global All-Cap (IE000VAHT5T0), c'est une remarquable solution pour détenir la totalité du marché global avec un seul ETF. Il constitue un très bon choix sur un compte-titres français, mais reste une option à écarter pour un portefeuille belge.
Attention, j’évoque ici uniquement les ETF Monde “classiques”. Il existe également d’excellents ETF Monde multi-facteurs, comme les deux trackers que j’analyse dans cet article.
Les informations contenues dans cette analyse sont fournies à titre exclusivement pédagogique et ne constituent pas des conseils en investissement. L’auteur ne pourra être tenu responsable en cas de pertes financières. Tout investissement comporte des risques de perte en capital. Pour plus d’infos, consultez nos mentions légales.
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